Centrafrique: Un scénario béton

Rebecca Tickle


Les violences récurrentes à Bangui depuis plus d'un an et demi, suivent un schéma rigoureusement identique à chaque événement.

Détail de "Guernica", Pablo Picasso
Le scénario commence par un ou plusieurs assassinats ciblés, provoquant représailles indiscriminées et images d'horreur savamment distillées, psychose et haine intercommunautaire, déplacements massifs de civils, destruction méthodique du très fragile tissu socio-familial, dans un cadre plus général de pillages et destruction de plus ou moins maigres biens personnels et de maisons, ainsi que de tueries sporadiques. Le raz-le-bol général s'est laissé dépasser par un épuisement total et un sentiment d'impuissance plus abyssal que jamais.

TOUJOURS LE MÊME SCENARIO

Ce qui interpelle particulièrement est que l'événement déclencheur est toujours le même. Ce qui prouve que ceux qui l'activent le trouvent efficace.

Ensuite, les questions qui coulent de source, dont les décideurs connaissent de toute évidence les réponses, ne sont pourtant pas adressée de manière assertive par les acteurs qui peuplent le ciel de Bangui dans le but de résoudre la crise centrafricaine.

Pourtant les moyens pour fonder les réponses et pour prendre les mesures qui s'imposent, sont largement là.

Qui donc alors déclenche ce scénario-catastrophe à répétition?
Avec quel objectif?
Qui sont les bénéficiaires et les sponsors?
D'où viennent les ressources utilisées, qui les fournit et comment?
Quelles sont les complicités en présence?

Des questions interconnectées, qui, tant qu'elles ne sont pas officiellement posées au "cluster" des divers acteurs chargés de résoudre la crise centrafricaine, en dehors de l'esprit centrafricain lamda, et que les réponses ne sont pas clairement exposées sur la place publique sous le soleil de midi, nous pourrons nous lamenter pendant 100 ans, inutilement.

Le fond de l'histoire est que toutes ces vérités sont confortablement installées dans un immobilisme délibéré, dans un environnement de mauvaise foi et de langue de bois omnipotent qui caractérise Bangui depuis belle lurette.

En fin de compte, le citoyen centrafricain lamda est superflu, c'est ça qui compte.

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