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Nourriture pour l'esprit

Coupe du monde de foot: Un aigle à deux têtes interpelle la suissitude de deux joueurs

Réflexion sur la polémique des footballeurs de l'équipe suisse Shaqiri et Xhaka et leur signe de l'aigle albanais
______En voyant les images et en lisant les journaux à propos du match de Coupe du monde Suisse - Serbie, la limite avec la provocation paraît bien volatile. En effet, malgré la fin de la guerre dans les Balkans entre Kosovars (albanophones) et Serbes, le conflit est loin d'être terminé sur le plan socio-culturel d'autant plus qu'il a largement debordé les frontières de l'ex-Yougoslavie. Dans une autre registre, la question du tact et de la gestion émotionnelle des "coupables" peut aussi donner à réfléchir.Quant au concept identitaire, il n'est pas forcément le plus problématique là où on croit, ce qui complexifie encore la polémique. En effet, de savoir que le symbole de l'aigle noir se trouve sur le drapeau albanais mais pas sur le drapeau kosovar, qu'être Kosovar ou Albanais n'est pas la même chose, que Shaqiri et Xhaka…

RCA: Que veulent les adeptes de la non-paix?

Carnage à Bangui:
Attaque à la grenade dans un lieu de culte L'assassinat ce matin, entre autre de l'Abbé Albert Toungoumalé Baba, à l'occasion d'une attaque à la grenade à l'Eglise de Fatima (Bangui, RCA) durant l'eucharistie, prouve une fois encore que des ennemis de la paix en Centrafrique veillent à l'échec systématique des efforts de cohésion sociale entre des communautés dites 'chrétiennes' et 'musulmanes', pourtant assoiffées de paix. Albert Toungoumalé était très impliqué dans les efforts de rapprochement intercommunautaire à Bangui. Il avait notamment été l'un des signataires du pacte de non-aggression à l'occasion de la réouverture du cimetière musulman de Boeing en février 2016. Ce pacte devait en effet offrir un passage sécurisé aux musulmans, dans une capitale divisée par des violences extrêmes, pour leur permettre de continuer à enterrer leurs morts dans la dignité dans leur lieu traditionnel d'inhumation.A QUI PRO…

The power of words and civil courage

Rebecca Tickle


On the impact of selfless fact-reporting journalism in Africa
I so much admire those journalists who challenge on a daily basis the criminalisation of press- and opinion-related offences in Africa.
On a constant run for the defence of core moral and professional values, they relentlessly dedicate their passion as well as their time to the exposure of truth, with the permanent effort to avoid controversionalisation of facts.
Their ultimate and unquestionable use of a - fortunately universal - professional charter as well as the power of words is remarquable while they zigzag in a permanently freedom- and life-threatning context.
The political circumstances where Truth has become an insult to Power, where the enemy of progress focuses primarily on how to keep the citizen in an autocratic climate of obscurantism as well as invested with a permanent feeling of absolute superfluousness.

Administering the right dosing and wording of food for thought has reached such a high leve…

Nigeria: Une contestation devenue terrorisme

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Rebecca Tickle


L'armée "déclare" le mouvement "Indigenous People of Biafra"  - IPOB - comme organisation terroriste, à peine deux jours après avoir dispersé à balles réelles dans l'État d'Abia (delta du Niger) une foule protestataire non-armée. Bilan: Plusieurs morts et des blessés graves.

N'y a-t-il pas un cheminement institutionnel légalement prévu pour ce genre de décision?

Quel est ce pouvoir d'apparence suprême pour l'armée nationale d'un Etat officiellement démocratique?

Quelles responsabilités pour un gouvernement dont les ressortissants ethniques sont aujourd'hui les mêmes qu'approximativement 70% de la chaîne de commandement de l'Armée?


Et quelle responsabilité pour un gouvernement incapable de gérer autrement que par la violence et les dérapages, des contestations somme toute légitimes déjà rien que par la durée de leur existence (plus de 50 ans avec une guerre d'un million de morts)?

De sérieuses interpellatio…

La Grèce, entre rêves de liberté et faillite économique

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Rebecca Tickle


Quelles émotions le peuple grec aura-t-il exprimé il y a deux ans exactement, le 5 juillet 2015 lors du référendum organisé par Alexis Tsipras, sur le plan d'aide de l'UE et du FMI?


Ceux de gauche, les communistes en tout cas, auront voté "la liberté" ce fameux dimanche de juillet 2015. Ceux de droite, bien autrement.

Au rendez-vous s'était aussi retrouvé une haine incompressible dans le coeur de certains, avec parfois une absence de recul historique qui aurait pourtant permis de l'expliquer et pourquoi pas, de la contourner et peut-être même d'imaginer d'autres alternatives. La discorde dans les foyers et dans les amitiés. La cristallisation des opinions, immuables souvent. Je me rappelle de certaines âpres discussions lors desquelles j'avais croisé un fanatisme d'une violence inattendue. Une colère que j'avais ressentie comme irrémédiablement liée à des intérêts personnels en fin de compte.

Ceci dit, le cri de bataille de …

Road safety in Nigeria and Cameroon

By Rebecca Tickle

In Nigeria, according to Federal Road Safety Corps (FRSC), motorcycle accidents are ranked third after cars which accounted for 457 cases or 36%, followed by minibuses with 243 or 19% of the total.
The analysis has been attempting to obtain new regulations on the ban of commercial motorcycle (okada) traffic on Nigerian highways. Motorbikes are also seen to be frequently involved in arm-robbery and other crime related activities. 
Then it is the mode of action and the power of civil society that determines the relationship between analysis, formal demands and efficient results. And the civil society in Nigeria is pretty obviously very more developed than in Cameroon, where the rights for protest is non existant. 
Supposing accurate statistics and analysis were published in neighbouring Cameroon, what would the impact be on general road safety, in an environment where traffic accidents remain a major issue. 
Just as in Nigeria, commercial motorcycles in big Cameroonian citi…

A Nazaire

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Rebecca Tickle
Petit godobé de Bangui ou "voyou ordinaire" pour certains esprits colonisés. Un des plusieurs milliers d'enfants psychotraumatisés, la "génération de demain", qui survivent dans les rues de la capitale centrafricaine. Chassés au centre-ville par les Gens de bien comme des mouches malfaisantes, on oublie pourtant qu'ils font partie des plus vulnérables de la planète.
Mais le mépris pour les plus faibles à Bangui ou ailleurs, c'est pour oublier le mépris de soi-même. Et la maltraitance de ces enfants, petits ou grands, n'est qu'une vile petite revanche à l'égard de l'oppression omniprésente que l'adulte subit lui-même.
Ni Nazaire ni les milliers de godobés de Bangui ne sont pas de simples victimes collatérales de la guerre en République Centrafricaine. Eux et leurs parents sont les victimes en vérité de plusieurs décennies de malgouvernance et de corruption, des pillages et détournements de deniers publics, des guerres …

Gaz sarin: Halabja et Khan Cheikhoun, deux poids deux mesures?

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Rebecca Tickle

De Halabja en 1988 à Khan Cheikhoun 2017, quelle différence? 

Où étaient les Nations civilisées devant les 5000 morts gazés de Halabja en pays kurde irakien en 1988? Et pourtant ce sont toujours les mêmes bombes neurotoxiques. Qui les fabriquent? Qui les stockent? Qui les vend et à qui?

Le gaz sarin, découvert dans un laboratoire allemand en 1939, devient officiellement en 1950 en pleine Guerre froide, l'arme neurotoxique numero 1 de l'OTAN. Sa fabrication va bon train aux États-Unis d'abord, et en URSS, tous deux concentrés sur leur course effrénée à l'armement. 
Des décennies plus tard, en mars 1991, des bombes au sarin sont lâchées par l'armée de Saddam Hussein contre les insurgés qui avaient tenté sans succès de le renverser durant l'agitation de la guerre du Golfe. 
En avril 1991, la Résolution 687 du Conseil de Sécurité des Nations Unies considère dorénavant le sarin comme une arme de destruction massive, et décréte par conséquent l'in…

The Ghost of Biafra

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By Rebecca Tickle

Where has the teaching of the Biafra issue in schools gone to?
And how could the Nigerian political elite seriously think that the history of Biafra would simply die with it disappearing from Nigerian school programmes? 
Is not one of the main aims of teaching history to avoid the repetition of mistakes by the new generations?
Denial of problems and reprisal against a people and its historical identity cannot be a greater mistake. Repression of the revival of Biafran patriotism and of deeply rooted sentiments of injustice is even worse.
Paul Biya of Cameroon, the next door neighbour, has been following the same footsteps with the "anglophone problem" in the unilaterally named land of Ambazonia. Protests and strikes requesting the retrieval of federalism that had been withdrawn in 1972, or separation have progressively led to brutal repression. If Biya, who has been in power since 1982, fails to handle this issue with some kind of concession efforts, Camer…